[Désolée du retard ! J'ai pas d'excuse si ce n'est le manque de temps ... Je tiens à préciser que le montage est un cadeau rien que pour moi =) Miiiici beaucoup !! ( inutile d'essayer de couper le nom de mon blog, ça servirait à rien, abandonnez et contentez vous de l'admirer) [voilà c dit :) ]. Alors je te dédicace l'article !
Je suis aujourd'hui fière de pouvoir annoncer que depuis quelques semaines la vie a repris son cours. Grâce à lui, grâce au risque qu'il a prit, j'ai retrouvé ma liberté tant espéré. Celle que j'ai demandé des années durant mais que, jamais, je n'ai eu le droit d'apercevoir.
En réalité, après le fameux procès, j'ai parlé à ma mère. Elle m'attendait dans une pièce, je suis entrée et je l'ai vu, là, assise dans un fauteuil roulant, un masque d'oxygène dans les mains. Elle ne semblait pas aller bien mais elle était en vie et c'était déjà un miracle, miracle auquel les médecins n'avaient trouvé de réponse. Ma ranc½ur était trop forte pour que je puisse la plaindre ou même lui demander une quelconque explication. J'ai du mal à m'avouer que la personne pour laquelle j'éprouve la plus grande ranc½ur n'est autre que ma mère. C'est assez inhumain si l'on se contente de voir la chose sous cet angle, mais je ne peux me blâmer de lui en vouloir. Une mère devrait toujours protéger son enfant, toujours. Quelles que soient les circonstances et elle ne l'a pas fait, elle m'a dénoncé alors que j'ai risqué ma vie pour la libérer de ce poids. Elle ne s'est pas rendu compte du sacrifice, j'ai vendu ma liberté à la justice pour qu'elle puisse retrouver la sienne.
Elle était donc là, pourquoi ? Je ne l'ai pas compris tout de suite, ce n'est que lorsqu'elle a prononcé le prénom d'Aaron que j'ai compris où elle voulait en venir. La seule chose qu'elle voulait, c'était voir son petit fils, pas sa fille, mais son petit fils. Son petit fils ... si elle savait ... mais elle ne savait pas et je ne pouvais me permettre de lui expliquer. J'ai refusé, bien évidemment. Je ne pouvais me laisser faire, il m'était impossible de lui permettre de voir mon fils après tout ce qu'il avait vécu. Elle m'échangeait ma liberté contre quelques misérables minutes avec mon ange. Il n'était pas à vendre. Et même ma liberté était loin d'en valoir le coups. Encore elle, cette liberté qui revient encore et toujours.
J'ai tourné les talons avant un dernier regard vers celle qui m'a donné puis repris la vie.
Elle a retiré sa plainte, je la gratifie mais je ne lui pardonne pas. Elle l'a seulement fait car elle a espéré que je changerais d'avis, ce ne sera pas le cas. Il est mon ange, pas le sien.
Quand j'ai poussé la porte d'entrée j'ai tout de suite reconnu cette odeur, cette chaleur humaine qui m'a empli les narines pour s'immiscer jusqu'à mon c½ur. Je crois bien que j'avais encore ce sourire béat aux lèvres mais qui pourrait s'en moquer ?! Je n'ai pas attendu bien longtemps pour parcourir les marches qui m'ont menés jusqu'à lui. Je le revois, allongé, plongé dans ses rêves enfantins. Quand nous rêvons, nous entrons dans un monde qui n'appartient qu'à nous. Je l'ai pris dans mes bras, embrassé, et il s'est réveillé tandis que de mon côté, j'entrais dans mon rêve à moi.
C'est aujourd'hui un jour important, mon petit ange, pas si petit que ça, va passer l'enceinte de l'école pour la première fois. Depuis que je lui ai expliqué qu'il irait chaque jour rejoindre d'autres enfants pour jouer, apprendre pleins de choses importantes et se faire des copains, j'ai l'impression qu'il s'est transformé en pile électrique. Il ne cesse de m'assaillir de questions diverses et variées, la plupart du temps totalement inutiles je dois l'avouer ...
Il est donc 8h30 passées et dans une précipitation alarmante, j'attrape un sac de taille miniature avec une éponge jaune dessinée à l'avant. Je crois qu'il est temps pour moi que je rattrape quelques notions de culture enfantine ... Aaron se jète sur la porte d'entrée et commence à courir vers la voiture avant que je n'ai eu le temps de le retenir. Je jure silencieusement et me précipite pour le rattraper alors qu'il était en train de traverser la rue à la même allure. Sans réfléchir, je lui attrape le bras fortement et me rabaisse à sa taille pour lui crier comme je ne l'avais jamais fais. C'est la première fois que je me permettais de le gronder, c'était aussi la première fois que j'avais eue une telle frayeur pour lui. Je ne sais pas comment j'ai agis, si j'ai bien agis, mais je n'ai pas le temps de me poser la question car l'aiguille tourne. Je le vois baisser la tête et fixer ses chaussures toutes neuves en tripotant ses mains encore toutes rondes. Je lui remonte le menton et lui demande de me regarder, je ne sais plus que faire, que lui dire.
- Regarde moi, je murmure en essuyant une larme chaude qui vient tout juste de couler de ½il droit. Je te l'ai déjà dis, ne traverse jamais sans regarder, tu attends que je sois là et que je te dise que tu puisse avancer. Il pourrait y avoir une voiture, un camion, un vélo, tu ne sais pas. Si je t'ai grondé, c'est pour ton bien, tu le comprendra plus tard.
Sur ces mots, je lui attrape la main et l'embarque dans la voiture avant de démarrer. Je suis encore abasourdie de mes paroles, je crois bien que ce que je viens de dire ressemble à ce que dirait une mère effrayée. Une mère ... rien que ce mot me faire peur, une vraie peur bleue qui me remonte à la gorge. Une dizaine de minutes après, Aaron et moi nous retrouvons sur le pas de la porte de sa nouvelle classe, cet endroit où il va découvrir les choses de la vie. Il va apprendre à lacer ses chaussures sans mon aide, il apprendra que les carrés ne vont que dans les carrés et qu'il est inutile de tenter de les associer aux triangles. Ce sont des bases qui ne font que refléter la dure réalité de la vie. Je me retrouve à un point où j'ai peur de basculer dans un comportement qui ne serait pas le mien. Je m'improvise mère, et être parent ne s'improvise pas. Je le regarde avancer timidement vers les autres enfants déjà installés, qui jouent entre eux, qui mangent. D'autres sont seuls dans un coin de la pièce mais la plupart sont encore avec leurs parents. Leurs deux parents. J'aperçois une petite tête blonde se retourner et me regarder, perdu. Il revient vers moi et se jète dans mes bras, j'entend ses mots mais je ne peux y répondre « Je veux pas rester ici maman, je connais pas tous les autres enfants, ramène moi à la maison. Je te promet que je serai le plus sage, je traverserai plus sans regarder, je t'aiderai à tout faire ce que tu veux. Et tu m'apprendra toi à lire des livres et à écrire de belles histoires comme celle de Peper Pan. »
Je souris amplement à sa dernière remarque « C'est Peter Pan, mon c½ur. Je ne peux pas te ramener avec moi, tu sais que j'ai pleins de choses à faire. Où est passé le Aaron courageux déguisé en spider man qui me criait qu'il voulait aller à l'école de suite alors qu'on était dimanche ?! ». « Je veux plus y aller, et je suis pas spider-man, je suis bob l'éponge maintenant ». « Très bien Bob, mais en attendant, tu vas quand même rester ici, regarde, il y a pleins d'enfants, et je suis sûr que beaucoup aiment bob l'éponge ! », « Tu crois qu'un des enfants a le déguisement de bob l'éponge ? », « C'est fort possible ! », « Et Patrick ? », « ... je sais pas, demande leur ! Et ce soir tu me racontera tout ce que tu as fais !», « D'accord, je vais aller demander, c'est toi qui viendra me chercher ? », « Moi en personne ! », « Alors je reste mais ce soir, je veux que tu me fasse des Spateghi à manger ! Les pates avec la sauce rouge, celles que tu as jeté dans la poubelle quand tu les a fait l'année dernière ! Même que tu avais dis que c'était dégueulasse ! Et après tu as dis que tu ferais mieux de prendre des cours de cuisine et tu en a toujours pas pris parce que quand tu as voulu faire cuire la viande du magasin ben elle était toute noire et toute pas bonne ! ». A cet instant précis, je sens le rouge me monter aux joues, je vois quelques regards indiscrets se poser sur moi et rigoler en catimini. « C'était des Spaghetti, promis, je te les ferai. Amuse toi bien. » Tout en déposant un baiser sur son front je le pousse doucement vers la salle ou sa maîtresse le prends sous son aile. Le grand saut, tout commence pour lui, et tout s'apprête à changer pour moi.
C'est le sourire aux lèvres que je sors de l'école, monte dans la voiture et me dirige vers le centre ville. Il me faut de quoi faire des spaghettis ... des spaghetti ! Quel genre de mère ne sait pas faire de spaghettis ?! Et bien le genre de mère qui a passé quelques mois échoués sur une île sûrement ...quoi qu'il en soit, une trentaine de minutes plus tard, je me retrouve au beau milieu d'un hyper marché à la recherche de toutes sortes d'ingrédients. Dix minutes ne se sont même pas écoulées que je me retrouve nez à nez avec Jack. Il était là, seul... Qui aurait cru qu'il était possible de rencontrer un grand chirurgien dans un hyper marché ?!
Après quelques échanges de politesse je me retrouve embarquée dans une explication emmêlée de la raison de ma venue dans ce magasin, le cadis rempli de bouquins de cuisines, de nourritures en tout genre et les traits du visages tirés par l'énervement ...
- Je dois en conclure que tu n'es pas un as de la cuisine ?!
- Non bien sûr que non ! C'est juste que ... il me faut acquérir quelques bases avant de pouvoir préparer un plat qui soit comestible par nous, humains aux papilles gustatives très développées !
- Rien que ça ! Aaron est si difficile que ça ?
Je me suis bien rendue compte que son prénom lui était sortit tout seul de la bouche, rien qu'à son expression et à sa propre réaction ...
- Non, c'est juste un enfant, tout comme les autres, il est pas si différent, si ce n'est que je ne le vois pas comme tous les autres enfants.
Je sens bien que je commence à avancer sur un terrain miné ... Lui et moi commençons à nous dandiner, preuve de notre malaise. Lui ne sait plus que dire, Aaron est le sujet tabou qu'il ne veut pas aborder, je le sens. Je ressens le contraire, j'ai envie mais surtout besoin de parler de lui, j'aimerais qu'il comprenne qu'il n'a aucun reproche à se faire. Que aucun des rescapés ne lui reproche la disparition de Claire, qu'il doit se faire une raison et aller de l'avant.
- Tu as prévu quelque chose ce soir ? Me suis-je surprise à demander en ramenant une de mes mèches de cheveux à l'arrière de mon visage.
- Je sais pas ... il faudrait que je passe à l'hôpital, j'ai une opération délicate demain, j'aimerais voir les résultats des dernières analyses.
- Et ça compte te prendre toute la soirée ?!
- Je pense pas ...
- ... alors tu n'as aucune raison pour ne pas passer à la maison, faire un petit coucou. Je suis persuadée que tu aime les spaghettis ! Et puis il y a de grandes chances pour qu'on finisse sur une pizza surgelée alors ...
- Kate, tu sais que ce que j'en pense.
- Oui je le sais et c'est justement pour ça que tu devrais venir, si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour moi. Et pour lui.
Il ferma les yeux quelques secondes en faisant vagabonder son regard embarrassé autour de lui avant de le reposer sur moi, je vis un léger sourire apparaître.
- 20 heures ça te va ?
- C'est parfait, j'aurais couché Aaron, on pourra parler librement et tu choisira de le voir ou non.
- Merci Kate.
- A ce soir, j'ajoutais avant de rependre le cours de mes courses et d'afficher un large sourire en passant derrière lui.